Expériences d’allaitement
Lundi 16 juin 2008
Quelque part en 2003, assise comme une élève devant son profeseur, j’ai choisi d’allaiter. Mon doc, avec son attitude relax, me pose la question qui allait changer bien des choses dans ma vie.
«Pensez-vous allaiter votre bébé?»
Tout en contrôle, je lui ai répondu: «oui». Il l’a noté à mon dossier…De toute ma vie, j’ai n’avais vu qu’une seule femme allaiter…
Le départ…
22 mars 2004: Je donne naissance à mon premier garçon et la vraie aventure commence! C’est un bébé fatigué par sa naissance. Il ne veut pas téter tout de suite malgré l’infirmière, plutôt brusque, qui lui fourre la tête dans mon sein. Après s’être débarrassés d’elle, mon accompagnante me suggère de faire perler une goutte de colostrum et de le laisser goutter à son rythme. Il a choisi de prendre sa première tétée quelques heures après sa naissance.
Tétées aux 3 heures, jour et nuit, jusqu’à 7 mois même après l’introduction des solides. Vers 8 mois, j’introduis un biberon à l’heure du dîner pour souffler un peu et il s’est tranquilement sevré à 9 mois. Mon objectif était un allaitement aussi long que la grossesse, j’était fière de nous trois et heureuse de retrouver mon espace personnel.
3 mars 2006: Un deuxième petit garçon dans ma vie. L’allaitement se met en branle tout seul. Je suis une pro! Vers 9 mois, j’introduis un biberon par jour. Mon petit se désintéresse du sein, me pince et me mord. J’ai peur de gâcher mon allaitement et je ne lui donne plus de biberons par la suite. Deux mois plus tard, je commence un sevrage en douceur, reste les boires du matin et soir. Louis est hospitalisé et n’accepte aucune nourriture de l’hôpital. Je l’allaite aux 2-3 heures et en quelques jours j’ai “refait” ma production de lait. Vers ses 13 mois, il est sevré et je passe à autre chose, c’est à dire Poussin #3…
15 février 2008: Le poussin est sorti de son oeuf à toute vitesse et je l’accueille pour une tétée. Étienne et moi, c’est une équipe gagnante! Je savoure chaque journée de cet allaitement qui sera fort probablement mon dernier. Tout sourire, la bédaine pleine, il se blotti contre moi. C’est tout simplement merveilleux!
Exclusivité, s*ce et liberté…
Par choix, j’ai tiré du lait pour mes quelques sorties seule. Cette façon de faire nous convenait. Mon chum aurait pu offrir un biberon de préparations en début de nuit pour que je puisse dormir plus longtemps, mais c’était moins compliqué d’allaiter et de se rendormir!
Mes garçons ont pris la s*ce et jamais elle n’a compromis notre relation. Au contraire, elle m’a souvent donné un bon coup de main pour les consoler autrement qu’au sein.
L’allaitement c’est la liberté! Un bébé qui suit partout sans tracas, qui pleure peu, car toujours réconforté rapidement. Une maman qui fond à vue d’oeil après l’accouchement et un beau décolté, quoi demander de plus!
La question qui tue!
À la question: «Combien de temps penses-tu allaiter? », je fais la sourde oreille. C’est pas des affaires des autres! Tant que ça nous convient, on continue. Quand je ne m’y sens plus aussi à l’aise, je sèvre tout en douceur.
J’ai toujours été très fière d’allaiter, une des mes seules certitudes dans la maternité. J’ai sensibilisé les gens autour de moi aux besoins des bébés allaités, même mon Papa s’y est intéressé! Je fais une bonne porte-parole!
